Je lui rendrais hommage un jour, quand j'aurais effacé ma colère et qu'elle se taira enfin, écrasée par le poid des souvenirs.
Je lui dirais merci un jour, quand j'aurais effacé la douleur et que la douceur d'une lettre d'amour périmée réussira à calmer ce putin de pincement que j'ai au coeur, cette main qui tord mon ventre.
Je le regarderais dans les yeux à nouveau, mais pas comme avant...
Il y aura eu l'amour, le premier, le vrai dans mon regard, et ensuite il y aura l'indifférence.
Celle qui me fera dire "Tu es heureux ? Moi aussi."
Je serais capable de lui dire que je suis heureuse sans lui.
Je me souviendrais de sa manière de faire l'amour en me disant que je ne l'ai jamais retrouvée chez personne.
Je me rappellerais son sourire, ce qui le faisait rire, ce qui me faisais rire, et une phrase me reviendra en mémoire, m'arrachant un sourire, de ceux qu'on ne donne à personne, un sourire intérieur.
Je serais forte, et je regarderais nos photos en pensant que c'était bien, qu'on était bien.
Les colères referons surface, les disputes, les pleurs et les cris...
Je me dirais qu'on était bien cons de se faire du mal, qu'on avait tant de choses à vivre.
Et puis je me souviendrais qu'on souffrait quoi qu'on fasse à cette époque, parce qu'avoir 17 ans c'est se chercher et ne rien comprendre à ce qui nous attend. Etre mal à cet âge là, c'est inévitable.
Je ferais tout pour faire taire cette voix, cette satanée voix qui vient du plus bas, du plus profond, du plus juste.
Cette voix qui montera doucement et que je finirais peut être par être obligée d'écouter.
Cette voix qui me dira que même si j'en ai l'impression, je n'ai jamais retrouvée la même passion, la même joie que celle que j'ai ressentis à l'age de 17 ans. Parce que chaque sentiment, chaque seconde est différentes, on ne redevient jamais ce qu'on était la minute d'avant.
Ma jeunesse est forte car elle détient cette petite chose, ce petit sentiment indéfinissable qui me rend folle, qui me rend névrosée et qui me complique la vie. C'est une force car c'est ce qui m'as fait l'aimer si fort.
Quand cette force sera perdue dans ma vieillesse, alors seulement je serais capable de lui rendre hommage, de lui dire merci.
Je sais que tu sera le seul à comprendre, et c'est ça qui est beau.
Je ne sais pas m'y prendre pour être heureuse. Tout ce que je cherche c'est la beautée.
